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События :: Международный Научно-исследовательский Центр Павла Муратова

События

Симпозиум в связи с выставкой коллекции Щукина в Париже

Историк искусства, писатель и критик П.П.Муратов (1881-1950), автор знаменитого сочинения «Образы Италии», был первым художественным критиком, написавшим большое эссе о коллекции новой французской живописи С.И.Щукина. Эссе «Щукинская галерея. Очерк из истории новейшей живописи» было опубликовано в журнале «Русская мысль», кн. VIII, вышедшем в августе  1908 г. Коллекция Щукина к этому времени была уже настолько разнообразна и полна, что ее изучение  позволило молодому Муратову   написать очерк об основных этапах истории нового французского искусства. В этом отношении Муратов  явился, в сущности, пионером – одним из первых историков искусства, написавшим краткую историю импрессионизма и начал постимпрессионизма. В 1908 г. в коллекции Щукина начинают появляться работы  Матисса, о которых уже упоминает Муратов. Что же касается начала собирательства живописи Пикассо, оно относится к следующим годам.   

Эссе Муратова не утратило своей свежести, а также своей научной и документальной важности: оно передает впечатления современника собирателя, заключения и анализ художественного критика и историка искусства очень широкого профиля. Оно обогащает наши представления как о коллекции С.И.Щукина в переломный момент ее создания, так и о многогранности деятельности П.П.Муратова, первопроходца во всех областях которых касалась его мысль.     

Программа на французском языке

 

CONCLUSION  SYMPOSIUM  CHTCHOUKINE 

En guise de la conclusion je propose de revenir au thème essentiel de notre symposium : collection Chtchoukine, son destin, ses critiques, ses admirateurs.  

Quand Paul Muratoff (Pavel Pavlovitch Muratov) (1881-1950) écrit, en 1908,  le premier essai sur la collection de Chtchoukine, il a 27 ans.  Il est déjà connu comme critique d’art et spécialiste de la nouvelle peinture française; il est le porte-parole du « connoisseurship » en Russie. Son ouvrage particulièrement célèbre, « Images d’Italie » n’est pas encore paru, il apparaitra en 1911, mais il y travaille déjà, après un an passé en Italie, en 1908 justement. Nul doute que c’était Chtchoukine lui-même à commander l’essai au jeune critique et écrivain prometteur et déjà arbitre des gouts.  

En effet, Muratov est particulièrement sensible aux changements inouïs qui se produisent  dans le domaine de la perception artistique, changements  dus à l’élargissement énorme des champs d’information  qui caractérise l’époque de l’essor culturel de la période entre deux siècles. Il y voit une contribution importante de la nouvelle peinture française. Je cite :

«  …les intérêts artistiques de l’homme du début du XXe siècle sont infiniment plus larges de ceux de l’homme des années 1860 et même des années 1880.

 On n’est pas toujours conscient que nous devons cela aussi aux peintres de notre passé récente et brillante. Manet, les impressionnistes, Cézanne, étaient non seulement les grands maitres d’art ; ils étaient aussi les grands civilisateurs, (…), les grands rééducateurs de notre œil  et de notre sentiment… »

Et ensuite, sur la nouvelle critique d’art:

« Il se forme une connaissance nouvelle armée de toute l’expérience de l‘artiste, qui agit activement, infiniment curieux. La science de l’art apprend maintenant chez ceux qui donnent l’exemple de la pratique vivante de l’art ».

Ces citations sont prises d’un des ouvrages de Pavel Muratov dédiés à  l’ancienne peinture russe, ce qui est particulièrement significatif. En effet, Muratov était un des premiers historiens d’art à apprécier les qualités  esthétiques de l’icône russe et à étudier l’icône comme œuvre d’art. Il est auteur du premier ouvrage sur la peinture russe ancienne basé sur la nouvelle méthodologie historique et artistique et publié en 1914.

« Découverte » de l’icône  fait aussi partie de la nouvelle vision des phénomènes artistiques. Et dans ce sens – le titre de cette exposition, « Les icones de l’art moderne », qui ne plait pas à tout le monde, semble particulièrement justifié, puisque il s’agit du résultat de mêmes changements de la perception des œuvres d’arts.

J’y vois une grande audace d’Anne Baldassari.

Ce parallèle reflète aussi une de grandes particularités du collectionnisme russe : on collectionne, avant tout, d’une part, la nouvelle peinture française, et l’icône russe ancienne, d’autre part.

Certes, cette exposition est une grande découverte d’un des plus importants collectionneurs du XXe siècle  - c’est le mérite de Natalia Semenova qui  travaille sur la collection Chtchoukine depuis des dizaines d’années ; c’est le mérite d’Anne Baldassari qui a su  en créer  une remarquable, inoubliable féérie.

C’est aussi la découverte importante de critiques et d’historiens d’art en Russie. Grace à Jean-Claude Marcadé et à Natalia Semenova les noms d’Alexandre Benois, de Jakov Tugendhold, d’Alexis Gritchenko réapparaissent ici pour le grand public français. Dans cette constellation Paul Muratov occupe une place toute à fait particulière :  il est  le premier à écrire sur la collection Chtchoukine et la placer dans la perspective historique, comme il est pionnier dans plusieurs domaines : c’est lui qui découvre  à la Russie : l’Italie, l’icône en tant que l’œuvre d’art, la nouvelle peinture française, mais aussi Walter Pater, Wölfflin, Berenson, Aby Warburg, Vernon Lee…  

Le destin et l’histoire de la collection Chtchoukine, le contexte et les circonstances de sa formation, son influence immense en Russie  sont mieux connus maintenant grâce à ce symposium. 

Je pense, et je l’espère que, en tant que l’histoire des collections en Russie  - ce n’est que le début. Certains travaux ont été déjà publiés dans ce sens en Russie. Chtchoukine et Morozov n’étaient pas les seules. Il y avait Ostroukhov, Nekrassov, Khanenko, Golubev, Riaboushinsky, une dizaine d’autres noms glorieux, des nombreuses collections qui ont été nationalisées après la révolution. Là aussi, on rencontre le nom de Muratov qui, avant la Grande guerre, aidait à plusieurs collectionneurs russes dans la constitution de leurs collections et allait chercher œuvres d’art chez les marchands et galeristes à Paris ou à Londres. Et qui, après 1917 et avant de quitter la Russie pour toujours en 1922 – participe aussi à la nationalisation des collections privées ( y compris la collection de Chtchoukine), à la formation des nouveaux musées, avec une seule pensée : de sauver les œuvres d’art de la destruction possible.

Cette exposition et ce symposium marquent également l’ouverture de la nouvelle voie vers l’étude de l’histoire des collections, des collectionneurs, des critiques et d’historiens d’art en Russie et en Occident, dans leur relation réciproque, dans leur enrichissement réciproque. C’est un témoignage non seulement des échanges culturels mais des liens indissolubles qui unissent la Russie et la France, la Russie et l’Europe occidentale.

Et pour moi, personnellement,  qui vit et travaille depuis plus de 40 ans en dehors de la Russie, - en France, en Italie, en Allemagne, en Angleterre – c’est une chance merveilleuse de me trouver à nouveau devant  les œuvres d’art de mon enfance - qui m’ont formé, qui m’ont émerveillé pour toujours et qui continuent à m’émerveiller. Merci à Serguei Chtchoukine, merci aux organisateurs de cette exposition, merci à la Fondation Louis Vuitton.      

 

                                       Xénia Muratova

                                          Historien  et critique d’art

                                          Docteur ès lettres

                                          Professeur émérite des universités françaises

                                 Présidente du Centre International d’études Pavel Muratov